Bible Annotée de NeuchâtelPsaumes 62
Collectif Bonnet, Bovet, Godet et collaborateurs
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2 à 5 Aux ennemis.
Oui. Cette affirmation, plusieurs fois répétée, donne au psaume entier le caractère d'une protestation ou du moins d'une ferme déclaration opposée à ceux qui envisagent comme désespérée la position du psalmiste. Le cur naturel dit sans cesse : Oui et Non ; le cur fortifié par la foi dit : Oui, oui ! Nos langues modernes n'offrent pas de mot correspondant exactement à l'hébreu ak, dont le sens propre est seulement, ou : Voici, tout le reste retranché, ce qui seul reste vrai. L'expression : quoi qu'il en soit, s'appliquerait bien aux versets 2, 3, 6 et 7, mais pas au verset 5 et encore moins au verset 10, où nous n'avons pu marquer l'énergique affirmation de l'hébreu que par l'adjectif que nous avons ajouté au mot vanité.
Mon âme reste en paix : dans le silence. dans le calme du repos et de l'abandon entre les mains de Dieu.
Psaumes 62:3
Pas fortement ébranlé. Comparez Psaumes 37.24.
Psaumes 62:4
Un homme, une muraille..., une clôture... Toutes ces expressions font ressortir la faiblesse de celui que l'on veut détruire et ce qu'il y a par conséquent de ridicule dans les efforts extraordinaires que l'on fait pour le renverser.
Psaumes 62:5
Se plaisant au mensonge : tous les moyens leur sont bons, même ceux de la plus lâche hypocrisie. Comparez Psaumes 12.3 ; 28.3.
Psaumes 62:6
6 à 9 En face de ces menées, le psalmiste affirme de nouveau sa foi. pour s'encourager lui-même tout d'abord (verset 68), puis pour affermir ses amis (verset 9).
Psaumes 62:8
Sur Dieu reposent mon salut et ma gloire. Ils ne peuvent donc être compromis qu'en apparence et momentanément ; il en serait tout autrement s'ils reposaient sur la force de l'homme : vérité précieuse à retenir pour le chrétien, qui ne peut avoir d'assurance certaine du salut que s'il regarde à l'uvre accomplie pour lui par le Sauveur. Jésus aussi a renoncé complètement tant à sauver sa vie qu'à chercher sa propre gloire (Luc 23.39) ; aussi a-t-il reçu de son Père la vie par la résurrection et la gloire par l'ascension.
Psaumes 62:9
Mes gens, littéralement : peuple, et non mon peuple, terme qui ne convient plus à un roi chassé de sa capitale. Le mot peuple, employé seul, désigne parfois les gens de la suite d'un prince ou l'ensemble des serviteurs d'un homme riche (Juges 3.18 ; 1Rois 19.21) ; il s'applique très bien ici à la troupe fidèle qui accompagnait David dans sa fuite.
Psaumes 62:10
10 à 13 Néant de toute puissance humaine devant Dieu.
Fils du peuple, littéralement : fils d'hommes : bené adam, désignant le commun peuple, en opposition aux fils des grands (bené isch). Comparez Psaumes 4.3, note.
Mensonge. Leur grandeur, tout extérieure, trompe sur leur valeur réelle.
Ils montent : ils sont donc moins que rien. Cette pensée a été bien rendue par notre vieille version rimée :
Qui l'homme et le rien pèserait,
Par cette épreuve il trouverait
Que l'homme est plus léger encore.
Psaumes 62:11
Violence..., rapine. Les succès passagers de ceux qui usent de tels moyens justifient le conseil de ce verset.
Psaumes 62:12
Dieu a parlé. La seule chose qui ne soit pas vanité, c'est ce que Dieu a dit. Or il a parlé, et même assez souvent pour qu'il n'y ait pas d'incertitude à cet égard.
Une fois, deux fois : comparez Job 33.11 ; 39.38. Dieu parle par ses uvres, aussi bien que par sa révélation proprement dite ; et quiconque veut entendre, recueille de ce langage divin cette grande leçon que toute force réelle procède de Dieu et de Lui seul.
Psaumes 62:13
A la voix divine vient s'ajouter la voix humaine, pressée de rappeler que Dieu n'est pas seulement le seul puissant, mais qu'il est bon. Toute miséricorde, comme toute force, vient de lui ; lui seul peut disposer souverainement de la grâce, puisque c'est à lui qu'appartient le jugement (car c'est toi...). C'est sur ces notes graves et profondes que se termine le psaume. Les derniers mots : qui rend à chacun selon ses uvres, sont cités textuellement par l'apôtre Paul (Romains 2.6).
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Introduction
Confiance en Dieu seul.
Un homme dans une haute position est en butte aux attaques de nombreux ennemis. En l'absence de tout secours humain efficace, il reste calme, regardant à Dieu. Dès la première strophe du psaume, il affirme sa foi sereine, en opposition aux efforts de ses adversaires (versets 2 à 5) ; dans une seconde strophe, il répète cette affirmation, en vue d'amis qui ont besoin d'être encouragés (versets 6 à 9) ; il termine son cantique en rappelant à la fois le néant de l'homme et la puissance de Dieu (versets 10 à 13).
Cette dernière strophe semble faire allusion au Psaume 39, dont elle reproduit l'idée dominante, celle du néant de l'homme. Mais le psalmiste développe cette fois ce sujet sans tristesse. Son regard, dépassant l'horizon des choses terrestres, parmi lesquelles s'agitait, encore douloureusement la pensée du Psaume 39, s'est reposé sur Dieu avec une confiance entière. D'après la suscription des deux psaumes, le même musicien, Jéduthum, fut chargé de leur adapter la mélodie et l'accompagnement musical qui leur convenaient (voir Psaumes 29.1).