Bible Annotée de NeuchâtelJob 15
Collectif Bonnet, Bovet, Godet et collaborateurs
Lire Job 15 dans la BibleJob 15:2
2 à 16 Job vient de prononcer des paroles vaines (versets 2 et 3), dangereuses (versets 4 à 6), présomptueuses (versets 7 à 11), emportées (versets 12 à 16).
2 et 3. Un sage ne parle pas comme tu viens de le faire. Tu as montré que ta réputation de sagesse était usurpée.
Job 15:4
Bien plus, tu anéantis, littéralement : Bien plus, toi, tu anéantis. Oui, C'est bien de toi que je parle !
Remarquons l'attaque directe. Non seulement il s'est prononcé ici des paroles sans valeur, mais tu scandalises chacun.
Job 15:5
Fourbes. Tu ne peux sérieusement te croire innocent., mais, plutôt que de convenir de tes fautes, tu accuses Dieu.
Job 15:7
Eliphaz prétend que Job se croit la science infuse et qu'il s'estime plus expérimenté que tous les autres hommes. Il est blessé de ce que Job fasse si peu de cas de la sagesse que lui et ses amis viennent d'étaler si pompeusement.
Job 15:10
Ici Eliphaz fait évidemment allusion à lui-même.
Job 15:11
Tu ne veux accepter de consolation ni de Dieu ni des hommes, malgré toute la douceur que nous y mettons.
Job 15:14
Une pareille présomption, mêlée d'insolence, est parfaitement déplacée, vu l'immense distance qui sépare tout homme de Dieu.
Job 15:15
Les saints : les anges.
Le ciel : non pas les habitants du ciel, mais le ciel lui-même, qui est cependant le type de la pureté (Exode 24.10).
Job 15:17
17 à 35 Instruction qu'Eliphaz juge à propos d'offrir à Job.
17 à 19 Et d'abord Job est prié de réfléchir à l'autorité dont est revêtu celui qui lui parle. Eliphaz a déjà vu (verset 17) bien des choses, mais il représente en même temps une respectable tradition (verset 18), qui date des siècles où l'influence étrangère ne s'était point encore fait sentir parmi nous (verset 19).
Job 15:20
20 à 24 Le méchant est tourmenté tout le temps de sa vie.
Job 15:21
Des sons effrayants. Dangers imaginaires, effets de la mauvaise conscience.
Job 15:24
Comme un roi prêt à combattre : comme un adversaire auquel on ne peut résister (Proverbes 6.11).
Job 15:25
25 à 30 Ce qu'il craint lui arrivera réellement (versets 29 et 30) à cause de ses péchés (versets 25 à 28).
Job 15:26
Le cou tendu : obstination, morgue (col roide).
Sous le dos épais de ses boucliers. Le méchant est représenté ici comme un chef conduisant à l'ennemi une troupe d'assaillants qui se cachent derrière leurs boucliers (leur orgueil).
Job 15:27
Couvert de graisse. Autre image fréquente de la présomption satisfaite. Nous disons : Bouffi d'orgueil.
Job 15:28
Parmi les péchés de l'impie, Eliphaz en signale ici un spécial : l'obstination à vouloir relever et habiter des villes vouées par Dieu à la désolation. Ce péché fut sévèrement puni sur celui qui voulut rétablir la forteresse de Jéricho (Josué 6.26 ; 1Rois 16.34).
Job 15:29
Ses gerbes, littéralement : leurs propriétés ; les propriétés des méchants ne ressembleront jamais à un arbre chargé de fruits ou à des épis bien nourris.
Job 15:30
Les ténèbres qui lui faisaient, peur alors qu'elles n'existaient pas encore (versets 22 et 23), surviendront.
De sa bouche : de la bouche de Dieu.
Job 15:31
31 à 35 Ce châtiment est inévitable.
Jeu de mots. Ses prétendus mérites qui ne sont que vanité, sont un appui trompeur. La vanité, le néant sera sa fin.
Job 15:32
Avant l'heure. Comparez Ecclésiaste 7.17.
Job 15:33
Rien n'arrive à maturité.
Job 15:34
Le feu dévore. Ici, comme 18.15 ; 20.26 ; 22.20, allusion à 1.16.
L'homme vénal : qui se laisse corrompre et entraîner à l'injustice.
Les choses étant ainsi, il n'y a pas lieu de s'étonner du changement subit qui s'est produit dans la conduite de Job.
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Introduction
Chapitres 15 à 21 Second groupe de discours.
Nous n'avons pas ici une simple répétition des pensées précédentes. Job a repoussé les insinuations de ses amis ; ceux-ci estiment n'avoir plus à le ménager. Selon eux, il a fourni par ses discours la preuve de son impiété ; ils ne se doutent pas que Job n'aurait point parlé comme il l'a fait, s'ils ne l'y avaient eux-mêmes amené. Ils prennent des paroles d'irritation pour l'expression des sentiments qu'il nourrissait à l'égard de Dieu dès avant ses malheurs. Aussi vont-ils chercher à l'effrayer à salut par la description du sort terrible qui est réservé à l'impie. C'est Eliphaz qui fera surtout ressortir cette pensée.
Chapitre 15 Deuxième discours d'Eliphaz.
Job a repoussé les avis de ses amis ; il a même proféré des paroles qui frisent le blasphème ; ses protestations d'innocence n'ont aucune valeur ; il faut désormais lui parler plus directement. Dans ce discours, Eliphaz énonce d'abord le désir de parler plus sévèrement : c'est même un devoir pour lui, après tout ce que Job s'est permis de dire (versets 2 à 16). Ensuite, pour le faire réfléchir, il développe la théorie de la jusstice de Dieu se manifestant par le châtiment des impies (versets 17 à 35).