Bible Annotée de NeuchâtelÉsaïe 64
Collectif Bonnet, Bovet, Godet et collaborateurs
Lire Ésaïe 64 dans la BibleÉsaïe 64:2
Deux images pour décrire le jugement qu'accomplit Jéhova : ses ennemis sont anéantis comme de la broussaille consumée au feu, dissipés comme de l'eau qui se vaporise. Le jugement de Dieu, comparé à l'action du feu : voyez 10.17 ; 33.12,14.
Ton nom : la révélation de ta sainteté dans le jugement ! (30.27).
Ésaïe 64:3
En faisant des choses... : comme en Egypte (Deutéronome 4.34 ; 2Samuel 7.23).
Ésaïe 64:4
Comparez Deutéronome 4.32-37 ; 2Samuel 7.23. C'est dans le souvenir des miraculeuses délivrances d'autrefois qu'Israël puise l'assurance avec laquelle il demande à Dieu de nouveaux miracles (versets 1 à 3).
En louant ainsi Jéhova, le prophète semble vouloir le stimuler à se montrer tel. La louange est souvent plus éloquente que la supplication.
Saint Paul applique ce passage aux merveilles de la rédemption, que Dieu prépare pour ceux qui l'aiment (1Corinthiens 2.9).
Ésaïe 64:5
5 à 12 Le prophète confesse le péché d'Israël et crie de nouveau à Dieu, se fondant uniquement sur son titre de père ; il lui met une dernière fois sous les yeux la détresse du peuple, qui est telle que la délivrance ne peut plus être différée.
Le peuple, par la bouche du prophète, se reconnaît justement puni et indigne de pardon ; il rejette loin de lui, par les expressions les plus fortes, tout sentiment de propre justice (verset 6 ; comparez 59.12-15).
Il en est ainsi dès longtemps, littéralement : dans ces choses (dans cet état misérable, objets de ta colère ; sous-entendu : nous sommes) dès longtemps (63.19).
Serions-nous sauvés ? Ce sens interrogatif est le seul qui convienne au texte hébreu ; Reuss et d'autres changent ce texte sans motifs suffisants.
Ésaïe 64:6
Passage capital sur l'universalité et la profondeur de la corruption humaine.
Tous... tous : comparez la confession 53.6.
Semblables à l'impur : à celui que la loi déclarait impur, au lépreux, qui devait crier : souillé, souillé ! afin qu'on s'écartât de lui (Lévitique 13.44-46).
Nos justices : nos uvres justes, dont nous nous glorifiions (33.15, en hébreu ; Daniel 9.18. Elles étaient pareilles à un vêtement qu'a souillé le contact d'une personne en état d'impureté lévitique (Lévitique 15.19 et suivants) ; c'est-à-dire : elles participaient à l'impureté de nos curs et ne pouvaient nous acquérir aucun mérite à tes yeux. Ils comprennent que (comme on l'a dit) ce qu'il y a de mieux dans nos meilleures uvres, c'est que Dieu nous les pardonne.
Flétris comme la feuille. Comparez 1.30.
Nos iniquités nous emportaient... Le jugement de Dieu les a transportés en exil en raison de leurs iniquités (27. 8).
Ésaïe 64:7
Tel était l'état du peuple au moment où Dieu le livrait au châtiment de la captivité. Esaïe dépeint cet éloignement de Dieu comme tout à fait général (personne ; comparez 59.16) ; il ne mentionne pas les exceptions, dont il parle ailleurs (Reuss). Ces exceptions, du reste, ne pouvaient être que relatives. Les meilleurs se sont toujours identifiés, dans de telles confessions, avec la masse coupable ; voyez les prières de Daniel (chapitre 9) et d'Esdras (chapitre 9).
Caché ta face : 8.17.
Ésaïe 64:8
Suprême appel à la grâce ; voyez 63.16.
La comparaison de l'argile exprime l'impuissance totale d'Israël à se sauver et à s'améliorer lui-même ; c'est Dieu qui l'a formé, pétri, une première fois ; lui seul aussi peut le former de nouveau, après sa déchéance et son châtiment. Même image, avec des applications différentes, 29.16 et 45.9.
Ésaïe 64:9
Comparez avec versets 9 à 11 : 63.15-19.
Tous ton peuple. Ce n'est pas un salut individuel seulement, mais une restauration du peuple entier que le prophète réclame.
Ésaïe 64:10
Exposer à Dieu le triste état de la Palestine, c'était le moyen le plus efficace d'obtenir l'exaucement ; aussi est-ce par là que se termine la prière.
Les villes de Canaan sont appelées saintes, parce que tout ce pays est la propriété de Jéhova, un territoire sacré (14.25 ; Psaumes 78.54).
Ésaïe 64:11
Notre maison... (le temple ; comparez 60.7) est devenue la proie du feu. C'est le point culminant du jugement. Voir, pour le fait historique, Jérémie 52.13 ; 2Chroniques 36.19.
Ce qui nous était cher : les palais, les campagnes fertiles, etc. (5.9 ; 32.12-13).
Ésaïe 64:12
En face d'une telle désolation, le prophète demande si l'Eternel pourra contenir encore sa pitié pour son peuple et son indignation contre les oppresseurs, se taire plus longtemps (63.15 ; 42.14).
A l'excès. Le châtiment serait excessif, s'il aboutissait à la destruction totale et définitive. Mais une telle fin n'est pas concevable : la compassion de Jéhova doit enfin éclater, comme l'amour longtemps contenu de Joseph pour ses frères (Genèse 45.1).
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Ésaïe 64:1
1 à 5 Israël demande à Dieu de se manifester en le sauvant par des miracles pareils à ceux d'autrefois.
Le verset 1 forme dans le texte hébreu la dernière partie du verset 19 du chapitre précédent. Mais il doit plutôt être rattaché à ce qui suit, comme l'ont déjà reconnu les anciennes versions (LXX, Vulgate, etc.). C'est pourquoi nous en faisons, avec la plupart des interprètes, le premier verset du chapitre 64.
C'est une apparition personnelle de Dieu qu'Israël réclame : il lui demande de déchirer cette voûte du ciel qui le sépare de lui et le cache à ses yeux (comparez le ciel se déchirant sur la tête de jésus à son baptême, Marc 1.10), et de descendre sur la terre pour exercer son jugement contre les ennemis de son peuple. L'apparition de Dieu est présentée, ici et ailleurs, comme produisant un ébranlement général de la nature (voir 13.10,13 ; 24.18-20), de ce qu'il y a même de plus solide et de plus antique, les montagnes (comparez Juges 5.5 ; Habakuk 3.6).