Bible Annotée de NeuchâtelÉsaïe 46

Collectif Bonnet, Bovet, Godet et collaborateurs

Lire Ésaïe 46 dans la Bible

Introduction

La chute des dieux de Babylone

Après avoir annoncé le vainqueur (chapitre 45), le prophète dépeint le sort des vaincus. En effet, l'objet des trois discours suivants (chapitres 46 à 48) est la chute de Babel et de ses dieux. Dans ce chapitre 46, il proclame la défaite des idoles à laquelle il oppose l'éternelle protection dont Jéhova entoure son peuple et le salut prochain qu'il lui prépare. Dans le chapitre 47, il voit la grande ville elle-même subir le même sort que ses dieux protecteurs. Dans le chapitre 48, il termine toute cette première série de prophéties (chapitres 40 à 48), en invitant Israël à profiter de la liberté qui lui est rendue par la chute de ses ennemis.

Ésaïe 46:1

Le prophète contemple la chute des dieux de Babylone : leurs statues, jadis portées avec honneur dans les processions solennelles, sont maintenant chargées sur des bêtes de somme et emportées au loin par les vainqueurs. Comparez 21.9.

Bel et Nébo : deux des principales divinités des Chaldéens. Bel est le même dieu que le Baal des Phéniciens, dont la Bible parle si souvent ; les deux noms signifient également Seigneur. Les monuments assyro-chaldéens attribuent à ce dieu le rang suprême et l'appellent le père des dieux, le créateur, le prince de l'univers. Son nom entrait dans un grand nombre de noms propres chaldéens (Bel-ibus, Bel-satsar, etc.). Le nom de Nébo (dans les inscriptions Nabu) a le même sens que le mot hébreu nabi (prophète) : l'interprète, le messager. Nébo était le révélateur, l'interprète divin, le Dieu de la science et de l'écriture. On l'identifiait, comme l'Hermès des Grecs, avec la planète Mercure (comparez Actes 14.12). Dans les derniers temps de l'empire chaldéen, il était, à coté de Mérodac (la planète Jupiter), le principal dieu adoré à Babylone. Son nom se retrouve dans celui de plusieurs souverains (Nabo-lassar, Nébu-cadnetsar, etc. C'est à ce dieu qu'était consacrée la tour à huit étages dont parle Hérodote (I, 181) et dont les restes sont encore visibles dans les ruines actuelles de Birs-Nimroud. Le même historien décrit (I, 183) un autre sanctuaire, proprement consacré à Mérodac, mais dont il parle comme d'un temple de Bel ou Bélus, parce que l'on identifiait volontiers le premier de ces dieux avec le second. Ce temple contenait deux statues d'or, l'une assise, l'autre debout ; Xerxès enleva cette dernière, haute de douze coudées. Les ruines de cet édifice sont probablement celles qui portent aujourd'hui le nom de Babil, et qui sont situées sur la rive gauche de l'Euphrate, tandis que le Birs-Nimroud est sur la rive droite.

Ésaïe 46:2

Le fardeau : leurs propres images, qu'ils n'ont pu sauver des mains de l'ennemi.

Eux-mêmes s'en vont en captivité : l'impuissance de ces dieux à sauver leurs images prouve qu'ils ne sont rien en dehors de ces statues elles-mêmes ; ils partent donc avec elles.

Ésaïe 46:3

Tandis qu'on emporte les dieux de Babylone, Jéhova porte son peuple, comme un père son enfant, et le sauve. Voyez la même image 53.9 ; Deutéronome 1.31 ; Osée 11.3 ; comparez Exode 19.4.

Ésaïe 46:4

Il s'agit, dans les versets 3 et 4 de l'enfance et de la vieillesse du peuple en général : ce que Dieu fit pour lui au commencement il le fera tant qu'il existera.

Ésaïe 46:5

Comparez 40.18,25.

Ésaïe 46:6

La description verset 6 et 7 renferme une réponse ironique à la question du verset 5. Voir les passages analogues 40.19-20 ; 44.12-20.

L'or et l'argent : pour en revêtir la statue (30.22).

Ésaïe 46:7

Comparez 45.20 ; Jérémie 2.28 ; 10.5.

Ésaïe 46:8

Montrez-vous hommes : en prenant et exécutant la décision d'abandonner le culte absurde des idoles. Comparez la conclusion toute pareille du morceau sur les idoles (45.21) et l'invitation faite à Israël de ne plus boîter des deux côtés (1Rois 18.21).

Ésaïe 46:9

L'idée est la même que 41.6 ; 43.9-12 : l'Eternel prouve par ses prédictions et ses œuvres passées que lui seul est Dieu.

Ésaïe 46:10

Comparez 44.26,28.

Ésaïe 46:11

Cyrus est comparé à un oiseau de proie (il en est de même de Nébucadnetsar, Jérémie 49.22 et Ezéchiel 17.3). Cette image fait ressortir surtout la rapidité de ses conquêtes.

D'Orient : de Perse (41.2).

L'homme de mon dessein : 44.28 ; 45.1-4.

Ésaïe 46:12

Les hommes au cœur fier sont les esprits forts qui se moquent de Dieu et de ses prophètes (28.14 ; 5.19).

Ésaïe 46:13

Ma justice : la délivrance d'Israël, qui est la manifestation de la fidélité de Dieu. L'infidélité du peuple n'empêchera pas la réalisation de ses promesses.

Bible Annotée de Neuchâtel — Collectif Bonnet, Bovet, Godet et collaborateurs. ThéoTeX · tous droits réservés