Bible Annotée de NeuchâtelÉsaïe 44
Collectif Bonnet, Bovet, Godet et collaborateurs
Lire Ésaïe 44 dans la BibleÉsaïe 44:2
Comparez 43.1.
Jésurun : terme de tendresse, pour désigner Israël ; ce mot ne se retrouve que dans le Deutéronome (Deutéronome 32.15 ; 33.5,26) ; c'est un diminutif de jaschar : le droit, le fidèle qui servait de nom d'honneur à Israël, comme le montrent les paroles de Balaam (Nombres 23.10,21).
Ésaïe 44:3
Tableau des bénédictions temporelles et spirituelles qui seront répandues sur la Terre Sainte et sur ses habitants (comparez 30.20-25 ; 51.3 ; 32.15).
Ésaïe 44:4
Pour l'image des arbres bien arrosés, voyez Psaumes 1.3.
Voir dans Joël 2.19-29 les mêmes bienfaits, d'abord matériels, puis spirituels, réunis comme ici et placés dans le même ordre.
Ésaïe 44:5
On pourrait appliquer ce verset aux Israélites, dans ce sens : il viendra un moment où tout Israël confessera joyeusement son Dieu et où le nom Israélite ne sera plus envisagé comme un opprobre ; on se glorifiera au contraire de le porter. Mais l'expression il célébrera (littéralement : nommer avec respect, prendre pour titre d'honneur) le nom d'Israel, ne convient pas bien aux Juifs, qui portent déjà ce nom et n'ont pas à le prendre. Il est donc plus naturel de rapporter ce passage aux païens, qui, voyant la gloire du peuple de Dieu (versets 3 et 4), considéreront, comme le plus grand honneur de se joindre à lui et se réclameront avec lui du nom de Jéhova ; ainsi l'opprobre d'Israël sera effacé (43.28 ; comparez 25.8). Voir 2.3 ; 19.18 ; Psaumes 87.1-7.
Prendra sur sa main la marque (le signe, le nom) de l'Eternel. Cette image exprime la joyeuse confession du nom de l'Eternel ; elle est tirée de l'usage, très répandu de nos jours encore en Orient de se tatouer. Chez les Arabes, il y a des gens qui font le métier de tatoueurs. Les païens prenaient sur le front, les bras, les mains, le signe (le nom) de leurs dieux, On se marque du chiffre de ceux qu'on aime. Comparez Exode 13.16 ; Apocalypse 13.16.
Ésaïe 44:6
6 à 23 Les dieux de néant des païens et le Dieu vivant d'Israël. Ce discours a pour but de confirmer les promesses qui précèdent, en rappelant une fois de plus à Israël que son Dieu est le seul vrai (versets 6 à 8), tandis que les idoles ne sont rien (versets 9 à 20), et en lui renouvelant l'assurance de sa grâce (versets 21 à 23).
6 à 8 L'Eternel, seul Dieu véritable.
Le Roi d'Israël : voir 41.21.
Le premier et le dernier : l'alpha et l'oméga, le commencement et la fin de tout ; comparez Apocalypse 1.8,11 ; 22.13. Ni le passé, ni l'avenir n'échappent donc à sa connaissance et à son pouvoir. Seul par conséquent il peut prédire les choses futures (versets 7 et 8).
Ésaïe 44:7
Comparez 41.22-23.
Un peuple éternel : Israël, ce peuple qui, tandis que les autres peuples passent, seul demeure (2Samuel 7.24). Le mot rendu par éternité désigne en hébreu une durée indéfinie : 32.14, note.
Ésaïe 44:8
Ésaïe 44:9
9 à 20 Le néant des idoles ; confusion de leurs adorateurs.
Ce passage est le plus important de ceux où le prophète argumente contre l'idolâtrie. Comparez 40.19-20 ; 46.6-7 ; Jérémie 10.1-16.
Leurs témoins. Les païens sont témoins pour leurs idoles, comme Israël l'est pour Jéhova (verset 8 ; comparez 43.9-10).
Ésaïe 44:10
Qui est assez insensé pour travailler à une telle uvre ?
Ésaïe 44:11
Ce sont des hommes : des créatures, qui créent des dieux et les opposent au Créateur !
Ésaïe 44:12
12 et 13 Nous assistons à la fabrication de l'idole : verset 12, l'idole de métal ; verset 13, l'idole de bois.
Ésaïe 44:15
On se rappelle ici les vers de La Fontaine :
Un bloc de marbre était si beau
Qu'un statuaire en fit l'emplette.
Qu'en fera, dit-il, mon ciseau ?
Sera-t-il Dieu, table ou cuvette ?
Comparez aussi Horace, Satires I, 8 :
Autrefois j'étais un tronc de figuier, vieil arbre inutile ; l'ouvrier ne savait pas s'il devait me donner la forme d'un banc ou la figure de Priape : il se décida pour le dieu. Me voilà donc devenu une divinité... !
Ésaïe 44:16
16 et 17 Sens : une moitié pour le chauffage ; une moitié pour la cuisine ; et s'il reste quelque chose de ces deux moitiés, ce sera pour faire le dieu.
Ésaïe 44:18
Ils : les idolâtres (verset 9). Comparez Romains 1.21-23.
Ésaïe 44:19
Une abomination. Si les païens voulaient seulement user de leur bon sens (Romains 1.20), C'est ainsi qu'ils nommeraient l'idole. Voyez à 41.24.
Ésaïe 44:20
Il se repaît de cendres : l'idolâtre poursuit des choses vaines (Job 13.12 ; Osée 12.2). Ce qu'il tient dans sa main, l'idole, est mensonge : elle n'est pas ce que dit son nom, et trompe ceux qui s'y confient, (Jérémie 10.14-15).
Ésaïe 44:21
21 à 23 Qu'Israël s'attende donc avec, assurance à l'Eternel, qui le sauve.
Ce que ceux-là ne comprennent pas (versets 18 à 20), Israël s'en souviendra, lui que Jéhova s'est si particulièrement attaché.
Tu ne seras pas oublié : réponse aux doutes provoqués, même chez les fidèles, par les longues humiliations de l'exil (40.27 ; 49.14-15).
Ésaïe 44:22
Comme le vent dissipe les nuages et rétablit la pureté du ciel, ainsi l'Eternel fait disparaître aisément et en un clin d'il le péché qui s'interposait entre lui et son peuple (comparez 43.25). Le salut est déjà accompli ; Israël n'a qu'à venir le chercher auprès de son Dieu. La grâce a précédé sa conversion.
Ésaïe 44:23
Les cieux et la terre ont été pris à témoin du péché d'Israël (1.2) et s'en sont comme épouvantés (Jérémie 2.12-13). Ils doivent maintenant se réjouir avec le peuple éternel pardonné et purifié.
Il y a ici une personnification poétique de la nature. Mais cette forme repose sur une réalité. L'homme étant le roi de la création, tout l'univers doit participer avec lui au salut. Le monde moral et le monde extérieur forment une unité.
Ésaïe 44:24
44.24 à 45.25 Cyrus, l'oint de l'Eternel, le libérateur d'Israël.
La prophétie se précise ici davantage, le libérateur promis est enfin désigné par son nom. Ce nouveau discours se compose de quatre parties :
- L'Eternel accomplira ses promesses ; Cyrus rebâtira sa ville et son temple, versets 24 à 28.
- Dieu déclare à Cyrus que s'il remporte des victoires, il les doit à l'Eternel, qui veut que son nom soit glorifié dans toute la terre, 45.1-8.
- Il exhorte Israël à la confiance et lui promet le plus glorieux avenir, versets 9 à 17.
- Il invite les païens à regarder au seul vrai Dieu pour être sauvés, versets 18 à 25.
Le but des voies de Dieu, dans l'envoi de Cyrus, est donc celui-ci : tous, Israël, les païens, Cyrus lui-même, doivent parvenir au salut par la connaissance du Dieu unique et véritable.
24 à 28 L'Eternel accomplit ses promesses par l'envoi de Cyrus.
Comparez le verset 24 avec le début tout pareil du précédent discours (verset 6).
La toute-puissance de Dieu est la garantie de l'accomplissement de ses promesses (40.12 et suivants).
Déployé les cieux : comme une tente (40.22).
Qui a été avec moi... : qui m'a aidé dans l'uvre de la création (40.13-14) ?
Ésaïe 44:25
Les païens ont aussi leurs prophètes ; mais Dieu met à néant leurs prédictions en ne permettant pas qu'elles s'accomplissent ; c'est ainsi qu'il confond, en face de Joseph, de Moïse, d'Elie, les sages de l'Egypte et les prêtres de Baal. Il s'agit ici des sages de Babylone, qui ne prédisent à cette ville que du bien, au moment même où elle va tomber au pouvoir de Cyrus. Comparez 47.10-13 ; Daniel 5.7.
Ésaïe 44:26
L'Eternel seul donne de vraies prophéties, que l'événement confirme : son serviteur (le prophète Esaïe lui-même, comparez 20.3) et ses envoyés (les prophètes en général) ne parlent pas en vain : leur conseil, qui n'est autre que celui de Dieu proclamé par eux, s'exécute.
Jérusalem, les villes de Juda : comme 40.9.
Ésaïe 44:27
Babylone doit tomber pour que Jérusalem se relève (verset 26).
L'abîme : l'Euphrate (Zacharie 10.11 ; comparez Esaïe 19.5 ou le Nil est appelé une mer). Le fleuve sera mis à sec, comme autrefois la mer Rouge, afin Cyrus puisse entrer dans Babylone (comparez11.15 ; 33.21, note). On sait que Cyrus pénétra dans la ville par le lit de l'Euphrate, dont il avait détourné les eaux (Hérodote I, 191).
Ésaïe 44:28
Cyrus, en hébreu Korès. Ce nom est le même que celui du fleuve Kur (22.6). D'après Strabon, le conquérant se nommait dans l'origine Agradatès ; il ne prit que plus tard le surnom de Cyrus. Voir encore sur ce nom l'inroduction aux chapitres 40 à 66.
Mon berger : pour rassembler et ramener en Canaan Israël dispersé. Cette prédiction nominative de Cyrus n'a sa pareille que dans celle relative à Josias (1Rois 13.2) et ne peut s'expliquer que par l'importance exceptionnelle de la mission que Dieu réservait à ce monarque et dont, au dire unanime de l'antiquité, il fut digne par ses vertus. En relevant Israël de son profond abaissement, il fut comme un Messie anticipé et prépara l'extension du règne de Dieu chez les gentils. Son nom, prononcé d'avance par la prophétie, dut être, lorsque ses premières victoires le rendirent célèbre, un signe pour Israël captif, en même temps que le moyen de disposer Cyrus lui-même à libérer le peuple de Dieu. On ne comprendrait guères, en effet, sans une influence de ce genre, qu'un de ses premiers soins, après avoir pris Babylone, eût été de renvoyer ce peuple en Palestine. Le récit de Josèphe (Antiquités XI, 1, 2) n'a donc rien que de vraisemblable ; comparez Esdras 1.2.
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Ésaïe 44:1
1 à 5 L'effusion de l'Esprit et la conversion des païens.
Verset 1 voir à 41.8. Les promesses qui suivent s'adressent à Israël purifié par le jugement.